Un mois de célébration… ou de désillusion ?
Après le mois de l’amour, avons-nous été parachutés dans celui de la guerre ?
Durant le mois de mars, les voix s’élèvent, les revendications retentissent, et la misère de notre société apparaît dans toute sa cruauté.
Mars, le mois de la femme ? Vraiment ? Je n’en suis pas si certaine. Je dirais plutôt : le mois de l’hypocrisie et de la désillusion.
Au Cameroun, depuis le début de l’année, 19 cas de féminicide ont été enregistrés. Et comme l’a si bien rappelé une connaissance, il s’agit des cas identifiés. Qu’en est-il des autres ?
Ce n’est pas un problème exclusivement camerounais. Des femmes sont tuées chaque jour à travers le monde par leur partenaire.
On aurait pu penser qu’après 49 ans de célébrations et de revendications, ces meurtres auraient cessé. Mais non! Comment en arrive-t-on à une situation où celle-là même qui donne la vie, nourrit la terre et élève des hommes devient la principale victime dans sa propre maison ?
L’indignation sans transformation
Durant ce mois, nous crions au scandale. Nous revendiquons. Nous hurlons notre désolation. Puis la vie poursuit son cours habituel.
Comme souvent dans notre société, nous nous indignons face aux conséquences, mais nous manquons de courage pour aller à la recherche des causes profondes.
Un ami m’a raconté que lorsqu’il était enfant, leur voisin, quand il voulait battre sa femme, l’attachait dans un grand sac avant de la frapper dans la cour.
Cette scène insoutenable me pousse à poser trois questions essentielles :
- Comment arrive-t-on à une jeune femme qui a si peu d’estime d’elle-même qu’elle accepte d’être traitée ainsi ?
- Comment arrive-t-on à un homme adulte qui a si peu confiance en lui qu’il ressent le besoin de déshumaniser sa compagne pour se sentir fort ?
Comment arrive-t-on à des voisins qui observent la scène depuis leur fenêtre sans tenter de porter secours ?
La racine invisible
Ce que nous voyons dans les faits divers n’est que la phase terminale d’un problème beaucoup plus ancien. La violence est souvent le produit d’une construction lente, invisible, presque banale.
Nous ne fabriquons pas des hommes violents à l’âge adulte.
Nous les fabriquons dans des foyers où l’humiliation est tolérée, où l’émotion est méprisée, où la domination est confondue avec l’autorité.
Et cette construction commence là où nous refusons de regarder : dans l’enfance.
Le véritable champ de bataille
Notre société est profondément malade, et cela dure depuis des décennies.
Aussi longtemps que nous n’aurons pas le courage de nous regarder en face et de poser le bon diagnostic, ce cercle vicieux restera notre fardeau collectif.
La vraie question est donc ailleurs :
Quelle vision avons-nous pour nos enfants ?
Quelles valeurs choisissons-nous de leur transmettre en conscience ?
Quels choix éducatifs faisons-nous réellement ?
La petite enfance est une période d’immense opportunité, mais aussi de grands dangers. C’est là que l’individu se construit. C’est là que les fondations sont posées.
Que faites-vous concrètement, chers parents, pour élever des enfants conscients de leur valeur et de leur responsabilité envers eux-mêmes, envers les autres et envers la société ?
Nous sommes les bâtisseurs de notre société.
Prenons nos responsabilités MAINTENANT et cessons d’attendre un messie qui tarde à se présenter.